Espagne: non au crucifix à l’école

La sentence a donné raison, après trois ans de bataille judiciaire, à l’Association Culturelle École Laïque et a provoqué l’indignation de l’archevêque de Tolède, Antonio Cañizares, qui a parlé de « christophobie ».

Un crucifix au mur d’une salle de classe n’est pas religieusement « neutre » : en résumé, voilà la motivation avec laquelle le tribunal de Valladolid a ordonné, pour la première fois en Espagne, à une école publique d’enlever toutes les croix et les symboles religieux des locaux fréquentés par les étudiants.

Cependant, le groupe socialiste du parlement de Castille et León relance déjà l’affaire, en demandant à la commission du gouvernement d’étendre automatiquement la décision du juge à tous les établissements et les bureaux publics de la communauté autonome : selon la porte-parole, Ana Redondo, les symboles chrétiens résistent aux murs de beaucoup d’espaces publics, surtout dans les zones rurales de la région.

L’anti-croisade a commencé en 2005 à l’initiative d’un groupe de parents de l’école Macías Picavea de Valladolid, agacés par ce qu’ils considéraient comme un arbitraire endoctrinement de leurs enfants, même si les crucifix étaient à leur place depuis 1930. La directrice de l’école avait présenté la demande au vote au conseil scolaire, qui avait choisi de laisser les crucifix où ils se trouvaient. La demande de laïciser les classes, donc, avait été refusée.

Mais en mars dernier, l’association des laïcs de Valladolid s’est pourvue devant le tribunal, en obtenant le soutien de la procuration et l’opposition du gouvernement de la communauté autonome, qui maintenant devra exécuter la sentence du juge Alejandro Valentin Sastre.

Pour le juge il s’agit, donc, d’un rapport préférentiel, inadmissible dans un état aconfessionnel et religieusement « neutre » comme l’Espagne. L’Association des pères catholiques, celle des écoles catholiques et l’Observatoire pour la liberté religieuse et de conscience se sont soulevés contre la sentence ; ils ont affirmé qu’« ainsi on transforme une question culturelle et d’habitude sociale en un instrument de dispute ».