ANSA715292_LancioGrandeGrande satisfaction du pape pour la décision « historique »

En annonçant la reprise des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, Raul Castro et Barack Obama ont tous deux remercié le pape François de son soutien, dans deux discours diffusés par leurs télévisions respectives. 

 Les relations entre les deux Nations s’étaient interrompues en 1961.

Le président Obama a souhaité Cuba « plus libre, plus prospère », et il a remercié « ceux qui ont soutenu ces mesures, en particulier Sa Sainteté le pape François » et il a salué les efforts du Canada.

Raul Castro a lui aussi remercié le Vatican pour son appui et « en particulier celui du pape François en faveur de l’amélioration des rapports entre Cuba et les Etats-Unis ».

Le pape François a joué un rôle d’intermédiaire essentiel dans ce rapprochement historique et c’est certainement un beau cadeau d’anniversaire.

Une décision historique

Le Vatican a fait part de  la « grande satisfaction » du pape pour cette « décision historique »

Un communiqué de la Secrétairerie d’Etat, publié vers 18h20, indique en effet que « le Saint-Père désire exprimée sa vive satisfaction pour la décision historique des gouvernements des Etats-Unis d’Amérique et de Cuba d’établir des relations diplomatiques, afin de dépasser, dans l’intérêt de leurs citoyens respectifs, les difficultés qui ont marqué leur histoire récente ».

La Secrétairerie d’Etat révèle que « ces derniers mois, le Saint-Père François a écrit au président de la République de Cuba, S.E M. Raul Castro, et au président des Etats-Unis, S.E. M. Barack H. Obama, pour les inviter à résoudre les questions humanitaires d’intérêt commun, sont la situation de certains détenus, afin de lancer une nouvelle phase dans les rapports entre les deux parties ».

En outre, le Saint-Siège a accueilli au Vatican, en octobre dernier, les délégations des deux pays, rappelle le communiqué, avec l’intention « d’offrir ses bons offices pour favoriser un dialogue constructif sur des thèmes délicats » et il en est ressorti « des,solutions satisfaisantes pour les deux parties ».

Enfin, le Saint-Siège affirme qu’il poursuivra « son soutien aux initiatives que les deux Nations prendront pour favoriser les relations bilatérales et favoriser le bien-être de leurs citoyens respectifs ».

Les papes et Cuba, quelques jalons

C’est le cinquième pape a avoir favorisé les relations entre Cuba et les Etats-Unis. L’appel à la paix de Jean XXIII a été décisif pour éviter un affrontement nucléaire lors de  la crise des missiles d’octobre 1962.

C’est Paul VI qui, en 1977, accorda au sanctuaire de la Vierge de la Charité del Cobre le titre de « basilique mineure ». Un geste simple et significatif de son espérance: Benoît XVI viendra pour le 400e anniversaire de la découverte de la statue de la Vierge Marie.

Le pape Jean-Paul II a demandé à Cuba de s’ouvrir au monde et au monde de s’ouvrir à Cuba, lors de son voyage historique de 1998. Sous son pontificat aussi, le document de Cor Unum sur la faim dans le monde a condamné l’embargo contre Cuba comme flagellant la population (n. 16).

Un voeu que le pape Benoît XVI a rappelé dans un message à l’archevêque de La Havane, le cardinal Jaime Lucas Ortega y Alamino, en 2006.

Et quatorze ans après Jean-Paul II, il s’est lui-même rendu sur l’île en mars 2012 pour une visite de trois jours: son dernier voyage transatlantique. Il a tenu bon malgré un malaise survenu lors de l’étape mexicaine de son voyage et la fatigue ressentie.  Il avait d’emblée déclaré:  » je suis convaincu que Cuba, en ce moment particulièrement important de son histoire, regarde déjà vers demain, et s’efforce pour cela de rénover et d’élargir ses horizons ».

Le fruit le plus visible de ces deux visites a été la libération de prisonniers politiques, comme l’a expliqué le cardinal Ortega.