Pape François : pourquoi il est à nouveau sacré homme de l’année 2014

papePour de vraies-bonnes et de fausses-mauvaises raisons, François continue d’avoir la faveur du grand public, par médias et associations interposés.

C’est un fait acquis, François plaît et sa popularité ne faiblit pas. La preuve, c’est que cette année encore, il été sacré plusieurs fois « homme de l’année ». Pour Horizon sans frontière, une ONG qui œuvre au service des migrants et de « la concorde et de l’harmonie entre les peuples », le Pape mérite ce titre – que l’association lui a décerné pour 2014 – à cause de ses prises de position répétées en faveur de l’accueil de ceux qui fuient leur pays d’origine.

L’hommage au grand artisan du dialogue interreligieux

Mais c’est aussi parce qu’il a montré, à Rome ou à l’étranger, qu’il tient au dialogue entre les religions, que cette association non confessionnelle l’a plébiscité, comme l’a souligné son président, Boubakar Seye : « Avec cette distinction, nous tenons à rendre hommage au Pape, ce grand artisan du dialogue interreligieux, facteur de paix et de concorde en vue d’un développement durable dans le monde ». 

Discours, œcuménisme et défense des chrétiens persécutés

François plaît-il toujours en connaissance de cause ? Quand on voit comment ses propos (et sa personnalité) sont déformés, on peut en douter sérieusement. C’est en effet souvent un Pape soit-disant aux idées larges (sur la famille, le mariage des prêtres, etc.) et hostile à une Curie accusée de tous les maux, qui est plébiscité par le grand public. Notons que celui-ci ne connaît pas la Curie mais la déteste quand même ; et par ricochet, qui est supposé la détester aussi obtient ses faveurs.

Témoin, Europe 1 , qui l’a aussi couronné « figure de l’année 2014 », et pour qui ce Pape « anticonformiste » plaît notamment pour ses discours et sorties inattendus. C’est sans doute parce que ses propos – par exemple son « Qui suis-je pour porter un jugement ? » à propos des homosexuels, « rendent épouvantablement dépressive toute l’aile conservatrice de l’Église » (selon le chroniqueur Alexandre Adler) – qu’ils réjouissent l’autre aile, et le monde tout court.

Mais selon le journaliste, les gens saluent aussi la volonté de ce Pape d’intensifier le rapprochement avec les orthodoxes ou les anglicans ; tandis que par ailleurs « jamais aucun pape n’a parlé aussi fermement des persécutions contre les chrétiens (et autres minorités) dans le monde arabe ». Sur ce point, Aleteia, qui s’en fait régulièrement l’écho, ne peut que donner raison à Europe 1.

Élu pour avoir tiré la papauté hors de son palais

François n’a pas attendu 2014 pour être populaire. Déjà, en 2013, année de son élection, il avait été sacré « homme de l’année » par le prestigieux hebdomadaire américain Time Magazine, « pour avoir tiré la papauté hors de son palais afin de l’emmener dans la rue, pour avoir poussé la plus grande Église du monde à faire face à ses besoins les plus profonds, et pour avoir fait le juste équilibre entre jugement et compassion ».

Ces vraies-bonnes raisons ont peut-être échappé à certains lecteurs du Time, mais elles n’en demeurent pas moins réelles. Et susceptible de remporter l’adhésion. On se demande en revanche comment, toujours en 2013, les grands médias chinois ont pu élire François dans le groupe des « dix hommes clefs de l’année », faisant de lui la première personnalité religieuse à entrer dans un tel classement ! Cela fait sans doute partie des paradoxes de ce grand pays où l’Église est toujours sous le boisseau, mais ne cesse de gagner du terrain.

Elisabeth de Baudoüin

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