Homélie du 2e dimanche ordinaire B

Jesus-calls-disciplesCe Messie que tout un peuple attend comme une terre brûlée attend la pluie, le captif la délivrance ou le malade sa guérison, voici que Jean le désigne. «C’est lui, oui, c’est lui, l’Agneau de Dieu. » A travers le Baptiste, c’est Dieu qui donne à son Fils ses premiers disciples.

«Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père » (Jean 6, 65).

Aussitôt, André et l’autre disciple, sans doute Jean, fils de Zébédée, – mais aussi chacun de nous -, se mettent à la suite de Jésus. Le mot a ici son sens johannique, bien plus profond que de suivre quelqu’un. Il s’agit ici de croire en Jésus, de devenir son disciple, son ami, son confident.

«Que cherchez-vous ? », demande Jésus en se retournant. Les premiers mots qu’il prononce les séduisent d’emblée. Il les rejoint dans ce qui est le plus intime en eux : leur soif de liberté et de bonheur. « Quel est le sens que tu donnes à ta vie ? Quel est ton désir ? » Et ce désir profond, il va l’élever et lui donner une dimension d’infini.

«Rabbi, où demeures-tu ? » – «Venez et voyez. » Il les met en route et pour les conduire où ? Au désert, là où il n’y a rien à voir. Jésus n’a pas de logis. Son «chez lui» n’est pas une maison. Sa demeure, c’est l’intimité de son Père. Partout, dans les villes, les villages ou les endroits déserts, « il demeure dans son Père », il est chez son Père. Demeurer là où se trouve Jésus, c’est entrer en relation avec lui et, par lui, avec le Père. En cette « dixième heure », commence à s’accomplir pour les disciples, qui « demeurèrent auprès de lui ce jour-là. », le rêve fou de l’humanité : habiter en Dieu.

« Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi » (Jean 15, 4).

« Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu » (2ème lecture).

Le récit se poursuit, vif et rapide, comme la flamme qui se propage de broussailles en fourrés. André va chercher son frère Simon. N’avons-nous pas à conduire, nous aussi quelqu’un à la rencontre de Jésus ? «Nous l’avons trouvé, celui que nous attendions et désirions, il est là, enfin, au milieu de nous. » Il l’emmène à Jésus. Et Jésus le « regarde en profondeur » pour lui révéler sa mission : « Tu t’appelleras Kêphas, Rocher, Pierre. » C’est le début d’un long chemin au bout duquel Jésus pourra s’appuyer sur Pierre, parce que Pierre apprendra à ne s’appuyer en rien sur lui-même. Devenir « Rocher » pour Pierre sera de ne plus faire, à la suite de Jésus, que la volonté du Père.

«En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas » ( Jean 21, 18).

Comme l’enfant Samuel et les premiers disciples de Jésus, n’arrêtons pas d’être des chercheurs de Dieu et de demeurer près de Jésus, dans l’eucharistie, dans l’écoute de la Parole de Dieu. Nous en recevrons la grâce, à la suite du Baptiste et d’André, de conduire nos frères à Jésus.

Homélie de Kerit

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>