LES SEPT CANCERS SPIRITUELS

parakouLa cérémonie du mercredi des cendres est un rite vivement attendu qui marque le début d’une période privilégiée de 40 jours. Les trois piliers de notre vie chrétienne nous seront rappelés constamment : la prière, le jeûne et le partage. C’est le carême, temps de renouveau spirituel, qui nous prépare à la fête de Pâques.

 

A la suite du Christ, l’Eglise nous demande de tourner nos cœurs vers Dieu dans un climat de joie contagieuse intérieure et extérieure. Cela n’est possible que si nous toilettons notre vie à la lumière de la Parole de Dieu. Considérons les sept cancers spirituels qui sont de véritables poisons. Il s’agit des sept péchés capitaux dont on parle trop peu ou pas du tout.

 

A la question : quels sont les principales sources du péché ? L’ancien catéchisme répondait : « les sept principales sources du péché sont l’orgueil, l’avarice, l’impureté, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse« . Passons-les en revue.

1. L’orgueil c’est la boursouflure de l’ego.        De l’orgueil naissent la vaine gloire, l’hypocrisie, le mensonge, le mépris des lois, du prochain, de Dieu lui-même et de son Eglise. Saint François de Sales parle de l’orgueil comme de « la pépinière de tous les péchés ». L’orgueilleux a une estime déréglée de lui-même, une surestimation de son « moi » qui conduit au mépris des autres. C’est la plus dangereuse de toutes les maladies spirituelles. Eh oui, l’orgueil nous rend susceptibles, prétentieux, méprisants, arrogants, injustes envers les petits, les pauvres, les étrangers etc. C’est le premier défaut de Satan. On censure tout le monde et on ne supporte pas les observations pourtant vraies des autres sur nous. La Bible nous dit : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé« . Au lieu de compter sur Dieu, l’âme cancéreuse se nourrit d’inquiétudes et de tourments.

2. L’avarice est l’attachement désordonné envers les biens matériels, la soif maladive d’acquérir et d’accumuler argent, honneurs et commodités de cette vie. « L’amour de l’argent est la racine de tous maux » nous dit la Sainte Bible. Le remède est l’esprit de détachement, le service gratuit, le partage et la générosité. Rappelons que« l’homme comblé ne dure pas« .

3. L’impureté est un appétit déréglé du plaisir de la chair. De ce cancer dépendent tous les péchés contraires au 6e et au 9e commandement (viol, concubinage, adultère, harcèlement, abus sexuels, prostitution, infidélité, débauche, fornication, inceste etc.). C’est comme une infection qui gangrène à la fois le corps et le cœur de l’homme, et l’empêche d’aimer véritablement. Cette passion affecte l’imagination et engendre constamment des pensées, désirs, paroles et gestes mauvais. Et Jésus nous dit : « Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » Mt 5, 28. Cela vaut aussi pour la femme voluptueuse qui regarde un homme. Faisons donc attention aux modes provocantes, aux images pornographiques, aux compagnies qui n’ont pas de retenue. Cela peut conduire à un état de dépendance psychologique et plonger l’homme dans une profonde aridité spirituelle. Avec le secours de Dieu et notre volonté, cette maladie peut être guérie.

4. L’envie (ou la jalousie) est un cancer qui se présente sous forme de tristesse que l’on ressent quand on voit le bien d’autrui, ou encore la joie malsaine qu’on éprouve en voyant l’autre dans le malheur. Si l’envieux a du mal à se contenter de ce qu’il a, le jaloux cousu de complexes a peur de perdre les personnes qu’il croit aimer. Ils supportent mal les éloges, le progrès ou la réussite des autres. Ils cherchent à démolir ceux qui émergent. Ils les critiquent méchamment. Ils souffrent terriblement de ne pas être aussi capables que les autres. Le remède c’est de voir l’autre et ses talents comme des bénédictions divines pour tous. Apprenons à nous accepter tels que nous sommes avec nos limites et bénissons le Seigneur pour ce qu’il nous donne d’être. Cultivons l’esprit de charité et on détruira les germes d’envie et de jalousie en nous.

5. La gourmandise est un appétit déréglé du boire et du manger. Elle peut aller jusqu’à la gloutonnerie, à l’ivrognerie et à l’alcoolisme. Le gourmand est plus ami du sodabi que du travail. Il se comporte en égocentrique. Il ne remet pas à demain ce qu’il peut manger et boire aujourd’hui et tout de suite ; il devient ainsi esclave de son ventre et des fêtes. Il s’empresse de choisir les meilleurs morceaux au cours des repas. Quand il y a une fête, il emporte discrètement les bouteilles de boisson (bière, whisky etc.). C’est un manque d’éducation… Saint Paul nous dit : « Soyons vigilants et sobres » (1Tm 5, 6). Soyons donc modérés. L’abus en toute chose nuit. Le remède c’est de jeûner ou de faire abstinence pour plaire à Dieu. Une telle mortification contribue au bien du corps et de l’âme.

6. La colère est un mouvement déréglé de notre âme qui nous porte à repousser avec amertume ce qui nous déplaît, et même à nous venger. La colère engendre la grossièreté dans le ton de la voix et dans les paroles : injures, blasphèmes, cris, querelles et disputes. On perd la maîtrise de soi, on devient aigri et agressif, on se révolte, on érige des barricades artificielles pour se protéger. Quand on se sent incompris, quand on est insatisfait, frustré ou victime d’un mépris, évitons de prendre des décisions en ce moment-là. Mais il peut y avoir de saintes colères comme celles de Jésus chassant les marchands du temple de Jérusalem, ou encore Jésus accueillant les enfants que les apôtres repoussaient. Le remède de la colère c’est la douceur, le dialogue, la réconciliation et l’humilité.

7. La paresse est un amour déréglé du repos qui fait qu’on néglige nos devoirs d’état et de religion. C’est l’œuvre du démon de l’oisiveté. Le paresseux est douillet, insouciant, inconstant, mou et indolent. Il baille et s’étire à tord et à travers. Il a horreur du travail. Il fait les choses à moitié. Tout lui est pénible sauf l’heure du manger. L’ennui, le farniente, l’instabilité, la nonchalance, les conversations interminables au téléphone sont ses meilleurs compagnons. Il remet à demain ce qu’il pourrait faire aujourd’hui. Il adore se reposer avant de travailler. La télévision, les jeux vidéo, le café servi au lit, voilà ce qu’il aime. Il ne fait que ce qui lui plaît. Cette paresse peut se transformer en paresse spirituelle qui s’exprime par le dégoût de la prière, du sacrement de pénitence. Il se plaint de tout et de tout le monde. Le remède c’est de faire de bonnes actions, de bonnes lectures. C’est de demeurer ferme, constant et persévérant dans les moments de tentation. C’est faire don de soi aux autres.

En conclusion : le temps de carême est un moment de grand combat spirituel. Nous sommes appelés à rééduquer nos cœurs à l’amour. Dieu nous a créés pour être heureux. Aimons-nous tendrement. Pardonnons-nous réciproquement et vivons en paix. Notre-Dame de Komiguéa, priez pour nous

 

 

+Pascal N’KOUE

Omnium servus

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