Cameroun: Weekend d’arrestations, plusieurs interpellations des défenseurs de droits de l’homme et journalistes

© Koaci.com. Samedi 14 mars 2015 à Yaoundé, Eric Kennedy Foyet, militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), un parti de l’opposition, et par ailleurs patron d’une Pme de services informatiques, est interpellé par une escouade de militaires et gendarmes, alors qu’il participe à une émission-débat à la radio Magic FM.

Il est 11 heures lorsque les hommes en tenue entrent dans le studio, de la radio, sans mandat, ils veulent amener le membre du Mrc, les journalistes et d’autres panélistes, s’y opposent. Ils insistent pour que les hommes en tenue apportent un mandat. Ces derniers reviennent quelques instants avec le document et procèdent à l’interpellation du jeune homme.

Ils ne donnent aucune raison de cette interpellation, mais selon certaines sources, il lui est reproché, d’avoir parlé « du droit de cuissage », au concours d’entrée à l’Emia, l’école militaire interarmes de Yaoundé, et du piratage du site de la présidence de la République. Son interpellation aurait été commanditée par Edgar Alain Mebe Ngo’o, le Mindef Rechercher Mindef et Joseph Lé, le directeur adjoint du cabinet civil. Vers 21 heures, il est libéré. Dénouement heureux.

Douala, ce même samedi, des journalistes et activistes dinent dans un hôtel avec des militants d’Amnesty international. Ils sont filés par des agents de renseignements en civil. La délégation d’Amnesty international est composée de 6 personnes. 3 allemands, un anglais, un belge, un nigérian.

Côté camerounais, outre Gérard Philippe Kuissu Mephou, journaliste et activiste, membre du tribunal article 53, il y a Benjamin Guifo, Elvadas Kengne et Akwe Sab. Il est 22 heures. Le dîner qu’ils ont au « foyer du marin », s’achève. Plus tard, les membres d’Amnesty vont se coucher sans savoir que les camerounais sont interpellés et conduits à la gendarmerie de Bonanjo, le quartier administratif de Douala.

Ils y subissent un interrogatoire. Les gendarmes ont posé des questions qui tournaient autour de l’objet de leur réunion, avec les membres d’Amnesty. Et pour Gérard Philippe Kuissu Mephou, qui s’était récemment rendu à l’Extrême-Nord, avec le Dr Christopher Fomunyoh, du National democratic institute de Washington (NDI), ils souhaitaient savoir avec qui, Gérard avait parlé, et surtout, qui, il y avait rencontré.

Benjamin Guifo, Elvadas Kengne et Akwe Sab sont libérés. Gérard Philippe Kuissu Mephou est placé en garde à vue. Sera-t-il libéré ce matin, 48 h après le délai légal de garde à vue prévu par les textes camerounais ?

Face à la recrudescence des actes de violations des droits de l’homme, la société civile et les partis politiques de l’opposition envisagent de réagir dès ce matin.

Armand Ougock, Yaoundé

 

Commentaires
  1. Le changement | Répondre

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