Cardinal Turkson: Le Saint-Siège institue un fonds anti-ebola

ebola2(RV) Entretien – Le Saint-Siège souhaite concrétiser son aide aux Églises catholiques de Guinée, du Liberia et du Sierra Leone, les pays les plus touchées par l’épidémie de Ebola afin de soutenir leur réponse à la crise causée par le virus. Un fonds anti-Ebola est ainsi en train de prendre forme. Les premiers 500.000 euros  ont été alloués. Une somme à laquelle viendront s’ajouter les contributions financières de bienfaiteurs souhaitant adhérer à l’initiative. L’objectif est d’atteindre la somme préventive de 3 millions d’euros.

La récolte et la gestion du fond a été confié au Conseil Pontifical Justice et Paix, dont le cardinal Peter Turkson est le président. Notre collègue Stefan von Kempis l’a rencontré :

 » Nous avons tous suivi les discours du Saint-Père sur Ebola. Il a souvent demandé à l’Église entière de s’unir en prière pour les victimes du virus Ebola. Nous nous souvenons également que dans une de ses réflexions, il a comparé le virus Ebola à la lèpre. Dans les deux cas, il n’est pas facile de toucher les patients. Et donc, voilà : le Saint-Père, comme toujours dans sa sollicitude, n’a pas voulu limiter son intervention uniquement à des paroles et l’expression de sa proximité avec ces personnes ; il a voulu faire quelque chose de plus concret : l’institution de ce petit fond pour aider et assister quelque peu les Églises locales dans les trois pays les plus touchés.

Comment procéderez-vous au Conseil pontifical ? À qui cet argent est-il destiné ? Comment choisirez-vous les projets ?

L’un des objectifs de ce fonds est d’aider les Églises locales à améliorer leurs structures, leurs emplacements sanitaires pour pouvoir fournir une assistance aux malades. Le second objectif est de fournir une assistance aux orphelins, aux victimes du virus Ebola et ils sont nombreux ! Je connais un institut salésien qui a déjà commencé à accueillir certains de ces enfants, à leur donner un peu d’instruction…Et je connais également des diocèses qui ont décidé de procéder différemment : au lieu de créer un centre, ils ont voulu encourager les paroissiens à adopter certains de ces enfants afin qu’ils grandissent dans un environnement plus familial. Le troisième objectif est celui de la formation pour aider quelque peu à arrêter la diffusion de cette maladie. Le quatrième objectif est celui de pouvoir porter assistance par des conseils aux victimes de cette maladie parce que de nombreuses familles sont pratiquement décimées par ce virus et doivent recevoir de l’aide pour savoir comment affronter cette situation, comment aller de l’avant dans leur vie…Il faut donc une assistance psycho-sociale.

Ensuite, au niveau de l’Église, de son ministère pastoral: là aussi, il faut une certaine assistance car le virus Ebola requiert ce qui s’appelle la « no-touch policy »  c’est-à-dire une pratique qui ne consiste à ne pas se toucher comme le fait par exemple un évêque pour la confirmation. Il en va de même pour les sépultures. Maintenant, ils ont développé un système qui permet aux paroissiens ou aux imams d’assister la sépulture des victimes. Se tenant à une distance de sécurité, il est possible d’asperger de l’eau bénite, de dire une prière et de bénir la dépouille avant la sépulture. Tout cela a porté à un changement de comportement des personnes et de leur disponibilité à aider. Ils sont donc tous invités, chacun peut contribuer à ce fond. Il est géré ici, au dicastère du Conseil pour la justice et paix avec la Caritas : chacun peut contribuer.

 

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