Il y a 45 ans, Paul VI a parlé de paix et liberté en Afrique

PP Paul VI(RV) Le 01 juillet 1970 au Vatican, le Pape Paul VI a affirmé, lors de l’audience qu’il a accordé à Amilcar Cabral, Agostinho Neto et Marcelino dos Santos, trois grands militants pour l’indépendance, que « l’Eglise et tous, sommes proches des personnes qui souffrent. Nous sommes en faveur de la paix de la liberté et de l’indépendance nationale de tous ceux qui souffrent particulièrement les peuples africains. Nous prions pour vous ». Pour le Cardinal Achille Silvestrini, Préfet émérite de la Congrégation pour les Eglises Orientales, qui a rapporté ces propos le 31 janvier 1999 à la radio Vatican, lors de la première conférence sur cette audience, ce fut une audience qui allait changer le cours de l’histoire des colonies portugaises.

Une rétrospective d’Honoré Onana Olah:

Dans le cadre des célébrations marquant le quarantième anniversaire de l’indépendance des PALOP et de cette importante audience de Paul VI, la Salle Marconi de la Radio Vatican a accueilli ces jours-ci (05-06 mars 2015) un colloque international sur « la contribution du Pape Paul VI, de l’Eglise catholique et de l’Italie dans le processus d’indépendance des pays africains : le cas des Palop ». Les Palop sont les Pays africains de langue officielle portugaise qui regroupent l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, la Guinée Equatoriale, le Mozambique et São Tomé-et-Principe. Plusieurs autres pays de langue portugaise ont également participé à cette rencontre.

Il s’agissait au cours de ce colloque, de rendre hommage à la Mémoire du Bienheureux Paul VI, qui à travers son rôle spirituel et pastoral, a permis que l’Eglise soit présente auprès des peuples d’Afrique, spécialement ceux de langue portugaise ; il s’agissait aussi de faire une relecture des enseignements de Paul VI et de sa créativité pour  une nouvelle ère de collaboration entre l’Eglise d’Afrique et les Etats africains, dans un processus de renaissance continentale ; un moment non seulement de mémoire mais aussi de créations de nouveaux sentiers pour la construction du présent après 40 à 50 années d’indépendance.

L’évènement a été promue par la Radio Vatican, le Centre de Réflexion des Africains (CRA 2000) – qui rassemble des communicateurs et des intellectuels africains –, le Centre des études Popolorum Progressio de l’Angola (CEEP), l’université Pontificale Antonianum, les Fondations Agostinho Neto et Amílcar  Cabral, l’association culturelle Zoe Onlus Bumbulum,  des associations cap verdiennes, et plusieurs autres associations.

Parmi les nombreux intervenants et participants à ces travaux, on peut souligner la participation – non exhaustive – parmi les ecclésiastiques, du  Cardinal Francis Arinze, Préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Mgr Carlos Alberto de Pinho Moreira Azevedo, Délégué du Conseil pontifical pour la culture, Mgr Barthélemy Adoukonou, Secrétaire du Conseil pontifical de la culture, le Père Federico Lombardi, Directeur de la Radio Vatican, le Père Jésuite Joao Piedade, représentant du Timor Oriental, un pays qui parle aussi portugais.

Il a aussi été noté la présence de Monsieur  Pedro Pires, ex-président du Cap-Vert et Président de la Fondation Amilcar Cabral, Mme Ana Maria Cabral, veuve d’Amilcar Cabral – fondateur du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert – Mme Maria Eugénia Neto, veuve d’António Agostinho Neto – premier président de l’Angola –, M. Murade Murargy, Secrétaire de la Communauté des pays de langue portugaise, (CPLP), M. Paulo Kassoma, ex-Premier Ministre angolais, des représentants des ambassades de l’Angola du Cap Vert et du Mozambique, le Dr Jean Leonard Touadi, Professeur à l’Université de Tor Vergata à Rome et spécialiste des questions africaines ; et plusieurs autres membres et participants venus d’Afrique et d’ailleurs.

Les participants ont ainsi pu aborder, au cours des présentations et des débats, d’abord le magistère du Bienheureux Paul VI dans la construction de l’histoire et de l’historicité africaine moderne et contemporaine. Ensuite a été relevé l’héritage de Paul VI pour l’Afrique, 50 ans après le Concile Vatican II et après l’indépendance des pays africains : bilan et prospective. Enfin le PALOP : entre mémoire et futur.

Pour Mgr Azevedo, cette audience de Paul VI fut initiée par une Lettre de Mme Marcella Glisenti – Présidente de l’association italienne de la Revue Présence africaine – le 29 mai 1970 adressé à la Secrétairerie d’Etat pour le Pape ; appuyé par une autre Lettre de Mgr Raymond-Marie Tchidimbo archevêque de Conakry (Guinée). La réponse de Paul VI interviendra le 30 juin de la même année.

Cette audience du 01 juillet 1970, a eu lieu, selon le Délégué du Conseil pontifical pour la culture, dans la sala dei paramenti de la Basilique Saint Pierre, et a duré environ 07 minutes; le Pape Paul VI a aussi remis à chaque participant son encyclique Populorum progressio.

Soulignons aussi qu’en marge de ce colloque international, les deux veuves et un représentant de la Fondation Agostinho Neto ont pu rencontrer le Pape François, au cours de l’audience générale du mercredi 04 mars 2015.

 

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