Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion

Rameaux_1Dimanche des Rameaux B

Aujourd’hui, le récit de la Passion vient de l’Évangile de saint Marc. Le plus bref des quatre, son récit est sans doute celui d’un témoin, car, d’après la tradition, Marc était présent au jardin des Oliviers: «Or un jeune homme suivait Jésus,­ il n’avait pour vêtement qu’un drap. On le saisit. Mais lui, lâchant le drap, se sauve tout nu ». Saint Marc est enfin celui qui a reçu les confidences de saint Pierre: il fut son compagnon après la Résurrection et ils ont évangélisé ensemble. Il aura entendu plusieurs fois cette histoire du coq qui, à son chant, à l’aube, met un terme à cette nuit de trahisons et de pleutreries.

Voilà donc un procès avec un témoin vraisemblablement de première main. Un témoin qui se rappelle beaucoup de petits détails qui ont échappé aux autres.

Un procès populaire

Chez saint Marc, le procès de Jésus demeure un procès populaire. Un homme est devant une foule, sûrement un peu déconcertée par tous ces événements qui se précipitent. Elle ne saurait pas quoi répondre, le lendemain, si on lui demandait pourquoi elle a crié « Jésus de Nazareth » au lieu de « Barrabas ». Elle agit par instinct, par panique; elle crie en se laissant entraîner dans une spirale de violence insensée.

Dans ce procès, il y a aussi beaucoup de personnages, témoins peu connus, négligés par les autres évangélistes et qui sont là, en passant, comme saint Marc dit à propos de Simon de Cyrène, « le père d’Alexandre et Rufus ».

La solitude et le silence de Jésus.

Ce qui frappe dans la narration de Marc, c’est d’abord la solitude de plus en plus épaisse dans laquelle s’enfonce Jésus. Dans son agonie, ses trois amis, invités à veiller, se réfugient dans le sommeil. Lors de l’arrestation, les onze prennent la fuite sous les oliviers. Pierre le renie. Solitude atroce de la croix enfin : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

A cette solitude s’ajoute le silence de Jésus : pas un mot à Judas, silence devant Caïphe, mutisme face à Pilate.

Lueurs dans la nuit

Cette solitude et ce silence montent pourtant que Jésus ne fait qu’un avec son Père dans l’amour : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux », dit-il à Gethsémani. Deux signes inattendus en témoignent.

Le premier est le rideau d’entrée du Temple se déchirant « de haut en bas ». C’est le signe de la fin prochaine du culte dans ce sanctuaire et du libre accès auprès de Dieu.

Le second est la profession de foi du centurion de garde : «Voyant qu’il avait ainsi expiré, il dit : Vraiment cet homme était le Fils de Dieu » . Si scandaleuse que soit la croix, elle n’en révèle pas moins le Fils de Dieu.

«Et toi, lecteur, lectrice, auras-tu le courage de marcher avec Jésus ? » , nous demande Marc.

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