Homélie du quatrième dimanche de Pâques B

Quatrième dimanche de Pâques B

Imaginons un moment quel bouleversement apportaient saint Jean ou saint Paul lorsqu’ils annonçaient aux parias des grandes cités de l’Empire romain, à ces masses d’esclaves exploités, aux mal-aimés d’Ephèse ou de Corinthe, accablés sous le poids d’un destin implacable, qu’ils étaient aimés – infiniment – par Dieu. Tout se renversait à leurs yeux et à leur profit !

Le monde de Dieu n’est pas le monde du pouvoir, n’est pas le monde de l’avoir, n’est pas le monde du savoir. Il est le monde de l’amour, parce que Dieu est Amour. « Voyez comme il est grand l’amour dont Dieu nous a comblés : Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu «. Et ajoute Jean, l’inimaginable s’est produit : «Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes » (Deuxième lecture).

Oui, par le baptême, nous devenons le fils, la fille bien-aimée de Dieu en étant de plus en plus identifiés au Fils Unique qu’est Jésus, dont le « nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » (Première lecture). Il suffit d’accepter de nous laisser aimer ! C’est là l’importance de la prière dans nos vies, où nous goûtons la joie de nous sentir aimés et prenons profondément conscience de notre dignité.

Cet Amour de Dieu, l’évangile nous en montre l’une ou l’autre facette par l’image du Bon Pasteur. Jésus se présente comme « le » Beau Berger, celui qui s’engage et fait ses preuves. Ce lui qui prend le risque d’être rejeté et qui dépose sa vie, qui donne sa vie, qui est prêt à tous les dangers pour protéger le troupeau dont il a la garde.

Et il ajoute ce nouveau trait : « Je connais mes brebis «. Il est le vrai berger qui appelle chacune de ses brebis par son nom. Il est ce pasteur capable de partir à la recherche de celle qui s’est perdue. Connaître, ce n’est pas posséder un savoir purement cérébral, comme on dit d’un ministre qu’il « connaît bien ses dossiers ». Connaître, pour la Bible, signifie aimer. Et cet amour est réciproque. Le Bon Berger connaît ses brebis, et ses brebis le connaissent. J’ai habité, il y plus de 30 ans, une maison que bordait une grande prairie avec des moutons. Le mois de mars était enjolivé par la naissance des agneaux. Mais lorsque j’essayais de les approcher, ils me fuyaient. Mais quelle fête et quels bondsne réservaient-ilspas à leur berger qu’était mon voisin !

Oui, les brebis de Jésus l’aiment d’une connaissance intime ! Cette connaissance, Jésus n’hésite pas à la comparer à celle du Père pour le Fils, du Fils pour le Père :

« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père.»

Cette image du Pasteur Jésus l’étend aux dimensions de toute l’humanité. Il est le Pasteur universel. De manière ou d’autre, tous les hommes font partie de sa bergerie. Mais hélas, le péché, les mauvais guides, les faux prophètes les ont dispersés. Jésus vient pour « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 52).Tout homme un jour, si perdu soit-il, entend sa voix et se sent regardé avec bienveillance par lui. Une inscription chrétienne datant du second siècle dit d’un certain Abercius : « Je suis le disciple d’un saint Pasteur, qui fait paître ses troupeaux sur les montagnes et dans les plaines, qui a de grands yeux, dont le regard atteint partout. » Jésus est ce Pasteur aux grands yeux dont la mort a supprimé les enclos pour élargir la bergerie aux dimensions de l’univers. La communauté de Jésus est à la fois le petit troupeau de ceux qui le connaissent et lui sont fidèles, et la foule immense de ceux qu’il sauve très largement.

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