La « mystérieuse » maladie tueuse du Nigéria pas si mystérieuse que cela!

malLa maladie sans nom qui a tué 18 personnes dans le sud-ouest du Nigeria la semaine dernière commence peu à peu à perdre de son mystère. Les malades ont succombé brutalement, a indiqué samedi un responsable de la santé dans l’Etat d’Ondo, Dayo Adeyanju. Le porte-parole de l’Etat, Kayode Akinmade, avait déclaré auparavant que cette « mystérieuse maladie » était apparue « au début de la semaine dans la ville d’Ode-Irele ».

Pour mystérieuse qu’elle ait été, la maladie présentait des symptômes tout à fait connus: es maux de tête, des pertes de connaissance et de poids, des troubles de la vue, suivis de la mort dans les 24 heures. Les tests effectués jusqu’à présent n’avaient pu indiquer s’il pouvait s’agir d’une maladie virale ou en particulier d’Ebola, avait précisé le porte-parole.

Mais, dimanche, l’Organisation mondiale de la Santé, OMS, a révélé que cette maladie mystérieuse était en fait dûe à des herbicides. « L’hypothèse actuelle est que des herbicides sont la cause » de la maladie, a expliqué un porte-parole de l’OMS, Gregory Hartl. Les tests effectués jusqu’à présent n’ont pas décelé de trace d’infections bactériennes ou virales, comme les virus Ebola et de la fièvre jaune, a-t-il ajouté. Les tests ont été réalisés par un laboratoire au Nigeria, a précisé M. Hartl, soulignant que ce pays dispose de « très bon laboratoires ».

C’est sans doute ce qui a permis d’affiner encore davantage les recherches et de pointer du doigt le coupable. Ce serait un empoisonnement à l’éthanol, contenu dans un gin de fabrication artisanale, qui serait la cause de la mort de ces 18 personnes la semaine dernière. « Nous soupçonnons fortement un empoisonnement à l’éthanol et par conséquent, nous avons ordonné des tests toxicologiques complémentaires sur les survivants », a déclaré le responsable de la santé publique de l’État d’Ondo, Dayo Adeyanju.

« Notre enquête a révélé que cinq des victimes avaient ingurgité un gin artisanal mélangé avec des herbes. Trois d’entre elles sont mortes et les deux autres sont en observation », a précisé M. Adeyanju.

Au total, 23 personnes avaient été intoxiquées en début de semaine dernière, dont 18 ont succombé, dans la ville d’Ode-Irele.

Les victimes avaient présenté des maux de tête, des pertes de connaissance et des troubles de la vue, et étaient décédées dans les 24 heures. C’est cela qui avait, dans un premier temps, fait penser à une résurgence d’Ebola dans le pays. Ebola, une fièvre hémorragique d’origine virale, a fait plus de 10.600 morts essentiellement dans trois pays d’Afrique de l’Ouest : Liberia, Sierra Leone et Guinée depuis début 2014 mais a globalement épargné le Nigeria.

Selon le porte-parole de l’Etat d’Ondo, des spécialistes de l’Organisation mondiale de la santé, du ministère nigérian de la Santé et d’autres partenaires se sont rendus à Ode-Irele pour lutter contre l’infection.

Le phénomène de l’alcool frelaté tueur est devenu un fléau dans le monde. En Russie, en Chine, en Inde, au Pakistan et en Afrique il ne passe pas d’années qu’on ne déplore des décès dûs à l’ingurgitation de ce type de boissons, très souvent coupées avec des produits de toute nature pour les rendre plus toniques au goût des consommateurs. La pratique, courant en Afrique, est aussi répandue que condamnée dans le monde. Sur le continent, le Mozambique et Madagascar ont récemment enregistré de tels accidents.

Il y a deux ans au Kenya 80 personnes ont trouvé la mort dans plusieurs régions du pays en consommant de l’alcool frelaté. Des breuvages africains trafiqués aux noms bizarres font des ravages au sein des populations adultes. Ils ont noms Koutoukou, Lotoko, Chang’aa, Bonganda, Lunguila.

L’alcool artisanal fait à base de maïs fermenté ou de sorgho, vendu moins cher et illégal, est très prisé dans les quartiers pauvres des villes africaines. Cette clientèle de masse pousse parfois ses producteurs à ajouter du méthanol ou d’autres produits toxiques pour augmenter le taux d’alcool.

 

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