AFRIQUE/BENIN – Pour l’Archevêque de Parakou, « au Bénin aussi, on sent la pression de l’islam radical financé depuis l’étranger »

mgrpascalRome (Agence Fides) – « Les élections se sont déroulées dans un climat serein et tout semble être allé pour le mieux, à part quelque petit problème qui rentre cependant dans la norme » déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Pascal N’Koue, Archevêque de Parakou et Secrétaire général de la Conférence épiscopale du Bénin, qui se trouve à Rome en visite Ad Limina. Le 26 avril, ont eu lieu les élections législatives, considérées par beaucoup comme un test pour le Président Thomas Boni Yayi, soupçonné de vouloir modifier la Constitution pour pouvoir obtenir un troisième mandat lors des élections présidentielles de 2016.
« Déjà en 2013, des craintes s’étaient répandues dans le pays à propos d’un possible changement de la Constitution afin de permettre au Président d’obtenir un troisième mandat » rappelle Mgr N’Koue. « Nous sommes donc intervenus au travers d’une Lettre pastorale (voir Fides 28/08/2013) avec toutes les preuves, surtout morales, pour affirmer qu’un éventuel troisième mandat n’est pas possible et pour renforcer la Constitution actuelle ».
« Grâce à Dieu, au Bénin, la population écoute la voix de l’Eglise. Lorsqu’il existe des problème, on attend que la Conférence épiscopale se prononce et quand cela est le cas, une bonne partie de la population suit ce que disent les Evêques » affirme Mgr N’Koue.
L’Archevêque souligne que son pays vit dans tous les cas dans une situation pacifique malgré les tensions présentes dans les Etats limitrophes. « Nous devons remercier le Père qui est aux cieux parce que nous disons souvent que Dieu aime le Bénin. Si l’on regarde ce qui se passe autour de notre pays, nous voyons de nombreuses violences qui nous ont été épargnées. En disant que Dieu aime le Bénin, nous voulons encourager la population elle-même à aimer son propre pays ».
Selon Mgr N’Koue, l’Eglise au Bénin est vitale, « comme le démontre le grand nombre de baptisés. Nombreux sont ceux qui frappent à la porte de l’Eglise catholique pour y entrer. Nos salles de catéchisme sont pleines ». « Nous rendons grâce au Seigneur pour la vitalité de nos jeunes. Nous le remercions également pour les écoles catholiques qui continuent à s’ouvrir. Nous savons que différents cadres du Bénin se sont formés dans les écoles catholiques. Nous remercions le Seigneur pour l’unité ecclésiale. Il n’existe pas de différences entre le nord et le sud, comme cela a lieu dans d’autres pays. Nous sommes 10 Evêques, 2 au nord et 8 au sud, mais nous n’avons pas de problèmes entre nous ».
« Nous disposons en outre de nombreuses vocations – continue l’Archevêque. Le problème est de former un clergé qui soit à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés ».
« Parmi ceux-ci – précise Mgr N’Koue – se trouve le relativisme éthique et spirituel. Il y a aussi l’infiltration d’un islam qui n’est plus l’islam traditionnel africain qui fait qu’au sein de la même famille peuvent coexister tranquillement des musulmans et des non musulmans. Ceci devient désormais plus difficile parce qu’il existe des groupes arabisés qui viennent de l’étranger, bien financés, qui, sous le couvert d’ONG et sous le prétexte d’aider les plus pauvres, commencent à introduire des discours toujours plus violents à l’encontre des chrétiens. Il s’agit d’un phénomène encore limité mais nous devons demeurer vigilants pour porter la flamme de l’amour, de la fraternité et de l’entente réciproque ».
« Il existe enfin le défi d’une foi pure, sans syncrétisme, parce que nous provenons des religions traditionnelles africaines. Par le baptême, nous sommes insérés dans l’Eglise mais il existe la tendance, de la part de certaines personnes, à rechercher des solutions à leurs problèmes dans les rites traditionnels africains. Notre défi est donc de faire en sorte que les fidèles puissent dire avec Saint Paul : « Pour moi, vivre c’est le Christ. Ce n’est plus moi qui vit mais c’est le Christ qui vit en moi », conclut-il. (L.M.) (Agence Fides 30/04/2015)

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