Commentaire des textes du 14è dimanche ordinaire(ANNEE B)

indexPAIN HEBDOMADAIRE DU CATHOLIQUE

I Traits définitoires du laïcat

Les laïcs constituent l’ensemble des chrétiens qui ne sont pas membres de l’ordre sacré et de l’ordre religieux (Lumen Gentium n° 31) et qui, de par leur baptême, sont incorporés au Christ et intégrés au peuple de Dieu, d’où leur participation, à leur manière, à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ.

 

II Textes du jour

Première lecture : Ézéchiel 2,2-5

Psaume : 122,1-2a.2bcd.3-4

Deuxième lecture : 2 Corinthiens 12,7-10

Acclamation de l’évangile :

Evangile : Marc 6,1-6

 

III Commentaire

Les textes bibliques de ce dimanche ont un point commun. Ils nous montrent la faiblesse aux yeux des auditeurs de celui qui parle de la part de Dieu. C’est le cas du prophète Ezéchiel (1ère lecture). Aujourd’hui, nous le trouvons à un moment dramatique de l’histoire de Jérusalem. Les représentants des forces actives du pays ont été déportés à Babylone. Le prophète, lui aussi déporté, est appelé par Dieu. Il est envoyé vers son peuple rebelle ; il devra faire preuve d’audace : « Qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux qui les appelle à la conversion.

Il faut se souvenir – les livres de l’Exode, Nombres et Deutéronome nous le rappellent-, que les Fils d’Israël récriminaient très souvent contre Dieu, qui les avait appelés Peuple à la nuque raide. Il ne faut pas oublier, non plus que l’Exil a été relu par Israël comme étant la conséquence de ses infidélités à l’égard de l’Alliance. Ici, il y a quand même une bonne nouvelle, c’est que malgré ses infidélités, Dieu continue, Lui, à venir vers son peuple puisqu’il lui envoie un prophète, prophète qui est, par définition, celui qui parle au nom de Dieu et non d’abord celui qui prédit l’avenir. Et, qu’Israël écoute ou n’écoute pas, Dieu fera entendre sa Parole qui ne se laissera pas arrêter par le mur du refus de l’homme. La fécondité de cette Parole n’est pas liée à l’accueil que l’homme lui réserve.

Dans l’Évangile, nous voyons Jésus qui est affronté au manque de foi des habitants de son village. Il vient de leur annoncer que l’Esprit de Dieu repose sur lui, qu’il est envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres… Pour ses compatriotes, ces paroles ne sont pas acceptables. Pour qui se prend-il ? Ils l’ont vu grandir et devenir charpentier. Certains ont bénéficié de ses services. De quoi se mêle-t-il en enseignant dans la synagogue ? Ce qu’on lui reproche, c’est de dire la Parole de Dieu sans en être qualifié. Il n’a pas fait d’étude de rabbin ou  de scribe. Il est un simple laïc.

Jésus revient à Nazareth sa patrie avec ses disciples et comme à Capharnaüm, il entre à la Synagogue pour y enseigner. (1,21). « Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. ». Sans nous donner le contenu de l’enseignement de Jésus, Marc se contente, ici, de nous donner les réactions des auditeurs : de l’étonnement ! Certaines traductions diront de la stupéfaction. Tout semble recommencer comme en 1,21 ; cependant, cette fois on s’interroge sur l’origine de sa sagesse dont il fait preuve.

Mais, curieusement cette interrogation et cet étonnement qui pourraient être à l’origine d’un cheminement va être comme tuée dans l’œuf par le rappel des origines de Jésus qui sont, elles, bien connues. Son passé, ses origines sont dans toutes les mémoires. Devant lui, ses auditeurs se sentent troublés, bousculés. Ils trébuchent, sont « profondément choqués », refusant de laisser se désorganiser leur petit monde, où l’on situe les personnes d’après leur état civil ou leurs relations sociales, où l’on croit se connaître parce qu’on a vécu ensemble. La nouveauté, entr’aperçue pendant un court moment à travers l’enseignement de Jésus, est aussitôt jugée à l’aune d’une famille qu’on connaît. Bien qu’ils aient perçu comme un frémissement nouveau, ils refusent d’avancer sur un terrain inconnu.

Jésus va alors réagir. Il cite un dicton. Le proverbe aujourd’hui répandu, « Nul n’est prophète en son pays » vient de là.  C’est une vérité de toujours : quiconque est en avance sur son temps, son entourage, connaît généralement le mépris de sa part. Et le mauvais accueil de Jésus a une conséquence curieuse à première vue : là, il ne peut exercer son art de guérir.

Le problème des auditeurs de Jésus, c’est qu’ils étaient enfermés dans leurs certitudes et leurs traditions. C’est souvent vrai pour nous aussi. Nous pensons savoir beaucoup de choses sur Dieu. Mais ce que nous pouvons en dire sera toujours insignifiant par rapport à ce qu’il est réellement. La foi n’est pas d’abord une affaire de connaissances et de savoir. Elle est surtout une affaire de questionnement spirituel : Qui est Jésus pour nous ? Voilà la question fondamentale que nous trouvons tout au long de l’Évangile de saint Marc. Et la réponse nous est donnée au pied de la croix par le centurion païen : « Vraiment cet  homme était Fils de Dieu. »

 Ambassadeur Théodore C. LOKO

                        Docteur en Droit public

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