Qui donc est Marie,pour nous être si utile, si nous nous tournons vers Elle ?

Marie2La manière la plus sûre de parler de la Vierge, c’est de parler d’elle comme le fait l’Ecriture : elle est la Vierge, la Femme et la Mère.

Marie est la Vierge

Elle est la Vierge (parthénos), comme saint Luc le dit deux fois de suite : Lc 1, 27. Cette virginité n’est pas un refus ou une peur, mais la décision d’être totalement donnée – avec tout ce que j’ai et tout ce que je suis – aux affaires du Seigneur : « Me voici, pour servir le Seigneur ».

Le judaïsme ignore ce sens positif de la virginité comme don total à Dieu. Si Jérémie est resté célibataire, c’est que la confusion est telle à Jérusalem qu’il n’a ni le temps ni la liberté de se marier. Par contre, l’Esprit Saint de Pentecôte va faire jaillir dans les communautés chrétiennes ce désir de se donner entièrement à Dieu et à la mission : à Césarée-sur-Mer – le grand port construit par les Romains et équipé pour les congés des légions romaines – le diacre Philippe a quatre filles qui veulent toutes les quatre rester  » parthénoi  » (Ac 21, 9). A Corinthe, célèbre aussi pour ses pratiques érotiques, dans la communauté chrétienne il y a des sœurs (entendez par là des jeunes filles chrétiennes) qui ne veulent pas se marier comme les autres, pour être données « sans partage (a-peripastos) au Seigneur » (1 Cor 7, 35). Sans-partage : voilà la virginité évangélique.

C’est pourquoi celui ou celle – vierge ou non! – qui se tourne vers Marie, parce que Vierge, Marie va l’entraîner vers Dieu. Sa virginité est toute théocentrique. Voilà ce qu’il faut expérimenter pour en être convaincu. Alors le raisonnement de s’adresser directement à Dieu plutôt qu’à ses saints s’effondre.

 

Marie est la femme

Elle est la Femme, selon le langage de l’Ecriture, c’est-à-dire celle que Dieu veut à nos côtés. Avec l’Ecriture (Gn 2, 18 à 25), la tradition juive a beaucoup à nous apprendre sur la vocation de la femme : c’est Dieu qui a pensé à la femme en premier (Gn 2, 18). S’il la voit comme une « aide » pour l’homme, cela ne signifie pas qu’elle soit moindre, car lorsque je dis à Dieu « Dieu, viens à mon aide », je ne le considère pas plus petit que moi. Et comme geste symbolique, Dieu prend le côté d’Adam. Hommes et femmes, Dieu les veut au côté les uns des autres (Gn 2, 22). Et si le Seigneur Dieu « bâtit » la femme (Gn 2, 22) avec le côté de l’homme, c’est en pensant à Salomon qui allait bâtir le Temple de Jérusalem. En effet, la femme a la même vocation que le Temple : rayonner une Présence. La femme peut recevoir, développer et donner la vie.

Elle est médiatrice de vie ; et si elle l’oublie, elle devient séductrice. Bref, la vocation de la femme c’est d’être un tabernacle. « Alors, le Seigneur Dieu amena à l’homme cette femme qu’il venait de bâtir » (22). Ce n’est pas l’homme qui est allé la chercher. « Pour se marier, disent les rabbins, le païen « prend » femme. Par contre, pour se marier le croyant « reçoit » femme de Dieu ». Le mariage n’est pas une loterie, c’est une vocation : c’est Dieu qui nous veut les uns au côté des autres.

Si Jésus appelle sa Mère « ô Femme » à Cana et à la Croix, c’est parce que telle est sa mission : elle est à son côté, elle sera à nos côtés. Elle ne fait rien à notre place, mais nous aide en tout. A vérifier, et vous en serez émerveillés ! C’est la « vraie-connaissance » (comme dit saint Paul : ce qu’on a appris et vérifié personnellement) !

 

Marie est la Mère

Elle est la Mère : bien sûr, celle qui transmet la vie, qu’elle a elle-même reçue, avec une note de fidélité et de tendresse : elle a des « entrailles » de mère. Mais elle est mère aussi parce qu’elle nous « élève », dans tous les sens du mot. Elle nous fait grandir et progresser à tous points de vue : dans notre humanité, dans notre devoir d’état, et jusque dans notre union à Dieu. Tout nous vient de Dieu par Jésus-Christ, et Marie est là – si nous le voulons bien – pour nous faire grandir en toutes circonstances. En particulier, comme une bonne éducatrice – en bonne  » maîtresse  » comme dit Grignion de Montfort -, elle est remarquable pour nous aider à tirer une leçon de nos erreurs, un progrès de nos péchés. Elle est non seulement  » Mère de Miséricorde  » parce qu’elle est la première à tourner la page, mais aussi avec une délicatesse exquise elle nous fait tirer un bien d’un mal. Quelle femme ! Quelle éducatrice hors pair ! Seule l’expérience t’en convaincra, même si tu t’estimes grand pécheur ou sans  » chromosome bleu « , c’est-à-dire peu attiré par les dévotions, apparitions et locutions mariales… « A partir de cette heure, le disciple la reçut chez lui » (Jn 19, 27).

Pour finir, n’oubliez pas dans les jours qui viennent de confier à la Vierge Marie une difficulté, un souci, un progrès, pour que sans tarder vous puissiez vérifier que dans sa virginité, elle vous tourne vers Dieu, que dans sa féminité elle est toujours à vos côtés, et que dans sa maternité elle vous fait grandir de mille manières… Et ainsi la retraite portera beaucoup de fruits !

Extraits de l’enseignement du père Michon sur « Notre Consécration à Jésus par Marie », à la fin de toutes ses retraites. In « Alouette » N° 245 – Février 2008

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>