Homelie du 18e dimanche du temps ordinnaire dans l’année B

Je-suis-le-pain-de-vieAprès le récit du miracle des pains, saint Jean développe une longue et profonde méditation sur Jésus Pain de vie. Aujourd’hui il nous montre la foule qui se met en recherche de Jésus puis le trouve.

Chercher et trouver, dans saint Jean, sont des verbes très forts. Que cherche l’homme ? Il veut satisfaire des besoins élémentaires : la faim, la soif, la santé. Cette recherche accapare la majeure partie de son temps : par nécessité dans une société sous-développée, par frénésie dans une société surdéveloppée. De part et d’autre, une telle quête ne débouche pas sur « l’unique nécessaire » : Dieu. Ou, pour le dire différemment, elle n’arrive pas au besoin d’être aimé et d’aimer. Car, dans la profondeur de notre être, Dieu est la source cachée d’où jaillit tout amour.

Jésus n’est pas sur la seule rive des nourritures terrestres. Il est passé sur l’autre rive, celle des nourritures spirituelles. Non qu’il dédaigne la recherche des biens terrestres : ne vient-il pas de rassasier ces affamés ? Mais il est sur une autre rive. Il est une autre rive. Il est un autre pain. Il comble une autre faim. Il assouvit le désir d’aimer et d’être aimé pour toujours, pour l’éternité. Il étire, plus à l’infini que les espaces stellaires, notre aspiration au bonheur éternel. Le prince Salina, l’astronome du magnifique roman de Tomaso Lampedusa, Le Guépard, soupire après l’étoile : « Quand se déciderait-elle à lui donner un rendez-vous moins éphémère, loin des épluchures et du sang, dans le domaine des certitudes éternelles ? » Quand passerons-nous d’un rivage à l’autre ?

Jésus est le soleil de nos jours, la lune de nos nuits. Il est le pain qui nourrit notre faim la plus tenace, celle que nous tentons de tromper par de fugaces satisfactions Pour atteindre l’étoile, pour recevoir le pain chaud qui descend du ciel, pour cueillir la manne de la Parole divine, il n’est besoin que d’une chose : la confiance.

Car Jésus lui aussi a faim et soif. Il veut être aimé en retour pour pouvoir nous remplir de son amour. Faire confiance, c’est croire. Croire c’est aimer. Jésus n’est pas descendu du ciel, il n’est pas venu du Père, pour donner quelque chose, mais pour se donner tout entier lui-même. Il vient se faire nourriture pour entrer au plus intime de nous. Il se fait notre manne. Ouvrons nos cœurs, tendons nos mains, pour accueillir ce pour quoi nous sommes faits : Dieu. « Pourquoi dépensez-vous de l’argent pour ce qui ne rassasie pas ? », dit le prophète Isaïe. (55, 2) « Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des citernes, citernes lézardées qui ne tiennent pas l’eau. », proteste Jérémie (2, 13).

Ne restons pas de ceux dont nous parle saint Paul, et qui se laissent « guider par le néant. » Mais laissons-nous « guider intérieurement par un esprit renouvelé. » Adoptons « le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l’image de Dieu. » Recevons Jésus, notre bonheur, le vrai pain descendu du ciel et qui donne vie, gratuitement.

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