Homélie du 21e dimanche ordinaire dans l’année B

le-pain-vivantJe-suisVoulez-vous partir vous aussi ? Accueillons en plein coeur la question poignante de Jésus. C’est la crise. Jusqu’ici, les foules l’ont recherché. Des sympathisants, par centaines, ont commencé un bout de chemin avec lui. Saint Jean va même jusqu’à les appeler des « disciples ». Mais la révélation du mystère eucharistique en rebute le plus grand nombre. Ils partent sur la pointe des pieds : « Ce qu’il dit là est intolérable ». Un jour ou l’autre, comme ces Galiléens, nous serons acculés à faire le saut de la foi ou à abandonner Jésus. Lui, il nous aime trop pour ne pas respecter notre liberté. Il ne nous retient pas. Il nous aime jusqu’au drame de la croix. Le grand mystique espagnol, Jean de la Croix, montre dans un poème

« (…) Ce berger seul et tout désolé (…) est monté
Sur un arbre, ses bras sont grand ouverts.
Voyez le, mort, il reste suspendu,
Son coeur, hélas, d’amour est déchiré. »

Il faut choisir. La foi est une mise en demeure. « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir », dit Josué, dans la première lecture. Viens prendre le Pain offert qui est le Corps du Christ ressuscité. Viens demeurer en Lui et Lui en toi, en époux aimants :

« L’Amant avec la bien-aimée,
l’amante en l’Amant transformée ! »

comme le chante aussi Jean de la croix. Ou bien, tu choisis de ne pas venir, tu refuses l’invitation au banquet divin.

Nous sommes faits pour l’intimité de la Trinité, ce que traduit merveilleusement l’icône de Roublev. Trois personnages sont inscrits dans un cercle vivant, mais ce cercle est ouvert vers nous, qui sommes là, devant, à contempler cette icône. La vie trinitaire nous est offerte, à la Table eucharistique. Nous sommes des « dieux par participation » (dios por paticipaçion), dit encore Jean de la Croix, à la suite de la deuxième lettre de saint Pierre (2 Pi 1,4).

Mais pour devenir présent à Dieu, dans une parfaite communion, nous avons à nous convertir. La seule manière infaillible de changer le monde est de commencer par nous-mêmes. Osons croire. Osons faire confiance. Il nous faut pressentir, au-delà des apparences, « l’essentiel invisible aux yeux ». « La foi est le seul moyen prochain de l’union avec Dieu », commente toujours Jean de la Croix. L’amour de l’homme et de la femme, dont nous parle la seconde lecture, peut nous faire entrevoir ce qu’est notre destinée. Nous sommes conviés à entrer dans la profondeur de Dieu, à nous unir à lui jusqu’à être divinisés, sans cesser d’être nous-mêmes. La foi demande d’aimer pour connaître. Beaucoup voudraient comprendre avant d’aimer, ce qu’ils ne font jamais lorsqu’ils tombent vraiment amoureux ! L’Eucharistie, c’est une relation d’amour.

« Seigneur, à qui irions-nous ?…
Tu as les paroles de la vie éternelle…
Tu es le Saint, le Saint de Dieu ».

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