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 Benoît XVI à Brescia, sur les pas de Paul VI

Eglise

Dimanche 8 novembre, le pape se rend à Brescia, ville natale de Paul VI, pour le 30e anniversaire de sa mort. Une visite qui manifeste les liens entre les deux pontifes

Benoît XVI ne l’a évidemment jamais oublié : le 27 juin 1977, il fut créé cardinal par Paul VI. C’est tout naturellement qu’il lui rendra hommage dimanche à Brescia, à l’occasion du 30e anniversaire de la mort de Giovanni Battista Montini, étonnamment célébré avec plus d’un an de retard.

Déjà les écrits de Joseph Ratzinger témoignent d’une filiation explicite avec Paul VI. Dès après son élection, Benoît XVI tint à souligner, dans son discours à la Curie en 2005, qu’il se situait résolument dans le sillage de Jean XXIII, puis de Paul VI. Pour ces trois papes, Vatican II est à lire dans le cadre d’une « herméneutique de la réforme », en opposition à une « herméneutique de la discontinuité et de la rupture ».

Autrement dit : oui à la réforme, mais dans une continuité profonde avec la Tradition vivante de l’Église. Cette analyse ferme la porte à une forme de surinterprétation du Concile, vu comme une rupture avec cette Tradition. Benoît XVI a loué à plusieurs reprises la « sagesse et la prudence », « le réalisme et l’optimisme évangélique » de Paul VI dans sa conduite du Concile.

Il rappellera les grandes étapes de la vie de Paul VI
À quarante ans de distance, Caritas in veritate , l’encyclique de Benoît XVI publiée le 7 juillet dernier, cite plus de 50 fois Populorum progressio : le pape allemand se situe clairement «dans le cadre du magistère spécifique de Paul VI et, plus généralement, dans la tradition de la doctrine sociale de l’Église».

Là où Paul VI évoquait le « développement des peuples », Benoît XVI préfère insister, actualisant le concept, sur le « développement humain intégral ». Là où le premier diagnostiquait que « le monde est malade, non pas tant de la dilapidation des ressources ou de leur accaparement par quelques-uns, mais d’un manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples », Benoît XVI constate, avec la mondialisation, la financiarisation, l’aggravation de cette tendance. D’où son appel : sans « la charité dans la vérité », pas de développement véritable, humain et intégral.

En se rendant à Brescia (Lombardie), la cinquième ville d’Italie, Benoît XVI entreprend donc un véritable pèlerinage là où naquit Giovanni Battista Montini le 26 septembre 1897. Il y rappellera les grandes étapes de la vie de son prédécesseur, élu le 21 juin 1963 sur le siège de Pierre et prenant le nom de Paul VI. Diplomate de formation, Mgr Montini avait travaillé pendant trente ans à la Secrétairerie d’État, très proche collaborateur de Pie XII, avant d’être nommé archevêque de Milan fin 1954. Quatre ans plus tard, Jean XXIII le créait cardinal.

« Pour moi, pas de monument »
Le 7 décembre 1965, devenu pape, Paul VI clôtura solennellement le concile Vatican II. On lui doit notamment les encycliques Ecclesiam suam (1964) sur le dialogue de l’Église avec le monde, Populorum progressio (1967) sur le développement des peuples, et Humanæ vitæ (1968) sur le mariage et la régulation des naissances.

Il fut le premier pape à entreprendre des grands voyages internationaux, notamment en Terre sainte (1964) et à l’ONU (1965) où résonna son cri fameux : « Plus jamais la guerre ! » Ardent promoteur du dialogue œcuménique, de la justice et de la paix, il réforma la Curie romaine, instituant notamment le Synode des évêques. Il mourut le 6 août 1978. Son testament disposait, simplement : « Pour moi, pas de monument. » Déjà, le 13 novembre 1964, Paul VI avait solennellement déposé sa tiare sur l’autel de Saint-Pierre, en faisant cadeau aux pauvres du monde entier.
Frédéric MOUNIER (à Rome)




 
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