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Le prêtre est un homme de paix ; le prêtre porte une mission de paix. Il endosse la lourde charge de faire advenir et de faire subsister la paix, la paix entre Dieu et l’homme, la paix entre Dieu et le monde, la paix entre l’homme et l’homme, la paix entre l’homme et la femme, la paix entre conjoints, la paix entre enfants, la paix entre frères et sœurs, la paix entre sœurs et frères, la paix entre familles, la paix dans les familles, la paix entre les générations…
Mais la paix que donne le Christ ne naît point de la beauté d’un discours ni du caractère pompeux d’une allure ; la paix du Christ ne naît pas de la violence ni de la guerre, celui qui veut la paix, prépare la paix ; car celui qui prépare la guerre n’aura jamais que la guerre, il n’aura jamais la paix, encore moins cette paix que le prêtre, au nom de Jésus-Christ, a mission de porter au monde.
Le prêtre a un destin de messager, de messager de paix, il apporte à tous le courage, la capacité et la force de se réconcilier ; il ne peut le faire que dans la stricte mesure où lui-même se découvre pécheur, un pécheur à qui Dieu fait la grâce de sa paix afin qu’il en soit le messager auprès de ses sœurs et frères en humanité. Le prêtre remplira sa fonction de pacificateur si lui-même est pacifié, s’il a lui-même à cœur de travailler à la paix. Le prêtre est un homme de paix, non pas parce qu’il parle en quantité de paix, mais parce qu’il travaille, se mouille pour la paix et rien que pour la paix. Le prêtre est non seulement partisan de paix, mais il est aussi et surtout artisan de paix. Chacune de ses célébrations tempère les cœurs et leur communique la paix de Dieu, les sacrements réconcilient avec Dieu et rétablissent dans la paix de Dieu ; le prêtre a devoir de chanter au monde qu’en Dieu seul, se trouve sa paix…
La paix du prêtre est une grâce, grâce de Dieu que le prêtre transmet aux hommes. Seule la grâce de l’enfance peut maintenir le prêtre au cœur de sa mission de paix ; la grâce de l’enfance, c’est ce que Mgr. Dominique Rey appelle ESPERANCE ; le prêtre est en effet témoin d’une espérance pour le monde, témoin de l’espérance du monde. Benoît XVI nous informe que «nous avons besoin des espérances, des plus petites aux plus grandes, qui, au jour le jour, [jour après jour], nous maintiennent en chemin. Mais sans la grande espérance, qui doit dépasser tout le reste, les autres espérances ne suffisent pas. Cette grande espérance est Dieu et ne peut être que Dieu seul… Dieu est le fondement de l’espérance, ce Dieu qui possède un visage humain et qui nous a aimés jusqu’au bout.» L’idée de l’espérance qui vient de Jésus-Christ suffit à guérir de la résignation, de la désolation…
«Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne» (Jean 14, 27). La paix est fruit de l’Esprit. Et le premier ennemi de l’Esprit Saint, c’est la pensée que l’on vaut quelque chose.
Prions pour les prêtres afin que le Seigneur de gloire les confirme à son saint service, qu’il donne à chacun de ses prêtres d’œuvrer à la paix, à la véritable paix. Qu’aucun prêtre, Seigneur, ne soit mêlé ni de près ni de loin aux manœuvres de zizanie et de gabegie, qu’aucun prêtre, Seigneur, ne soit mêlé ni de près ni de loin à des manœuvres attentatoires à la paix. Aide-les à conformer leur vie à la réalité de la paix que Tu nous veux et que Tu nous promets. Amen !
Abbé Frédéric KOGUE
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