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«Les fruits durables des efforts pastoraux naissent de la sainteté du prêtre…» aimait à faire remarquer Jean-Paul II. Car l’unique fruit véritable de tout effort presbytéral, pastoral, c’est de mener femmes et hommes à la béatitude éternelle, à la sainteté.
C’est l’objectif ultime que poursuit tout chrétien sous la guidance du prêtre, tel est le but définitif que poursuit le prêtre qui se sanctifie au cœur même du déploiement de sa charge pastorale. Au quotidien, par la célébration et l’administration des sacrements, le prêtre côtoie la sainteté de Dieu, le prêtre saisit la sainteté de Dieu, le prêtre est en contact permanent avec la sainteté du Dieu Trois fois saint. Le prêtre doit en devenir saint, le prêtre ne peut pas ne pas en devenir saint : nul ne fréquente Dieu sans en sortir autrement qu’il n’y est rentré, nul ne s’approche de la sainteté de Dieu comme de l’extérieur, Dieu lui-même introduit le prêtre à sa sainteté !
Le monde a besoin de saints et le monde a davantage besoin de saints prêtres. Dans notre monde avide de l’immoral, épris des décibels amoraux, amoureux des valeurs animales et infra-animales, dans notre monde en panne de repères, dans notre monde en quête de référence de foi et de morale, seule la sainteté du prêtre restera une étoile conduisant au Grand Maître, conduisant à la sainteté du Grand Maître ! La sainteté du prêtre engendrera la sainteté de ceux dont le prêtre a la charge ! La sainteté du prêtre féconde et anoblit son ministère. Les défis de la nouvelle évangélisation imposent de nouveaux évangélisateurs, les nouveaux évangélisateurs doivent être, devenir et rester des saints, des pasteurs qui fondent tout leur labeur sur la dynamique de la sainteté, des pasteurs qui ne visent que la sainteté en tout ce qu’ils font, des pasteurs qui brûlent du désir de la sainteté de toutes celles et ceux qui les abordent !
La sainteté du prêtre consiste à aller le plus loin possible dans l’imitation de Jésus-Christ, le plus loin qu’il peut dans l’imitation de Jésus-Christ. Mais la sainteté est un don, un don de Dieu ; la sainteté est le fruit des grâces du Seigneur. Et le don de Dieu n’est jamais statique, le don se conquiert parce que le don s’entretient, le don se conquiert parce que le don n’est jamais donné, donné une fois toutes. Il faut recevoir le don de la sainteté pour le faire revivre, la sainteté n’est jamais acquise, il faut que le prêtre le conquière et le conquière au quotidien. Dans la conquête quotidienne de la sainteté, pour la conquête quotidienne de sa sainteté, plus que tout autre, le prêtre est appelé à accepter et à porter sa croix, sa croix à la suite de Jésus, croix personnelle, croix individuelle et collective. L’imitation du Christ par le prêtre fonde l’exemplarité d’une vie livrée en faveur du salut des hommes. Chacun des plus petits actes du prêtre le rapproche ou l’éloigne davantage de la sainteté vers laquelle il est appelé à tendre.
L'efficacité et la fécondité du ministère du prêtre dépendent en grande partie d’une réelle configuration au Christ et d’une franche sainteté personnelle. La sainteté est "le haut degré" de la vie chrétienne ordinaire, elle doit briller à plus forte raison dans la vie de tous ceux qui partagent graduellement le sacerdoce de Jésus-Christ en qui même le démon reconnaît le Saint, le Saint de Dieu.
Abbé Frédéric KOGUE
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